【(法)卡特琳 波兹 Catherine Pozzi (1882-1934):六首诗】
标签:
文化 |
Catherine Marthe Louise Pozzi (13 July 1882 – 3 December 1934) was a French poet and woman of letters.
她1927年起开始发表诗作,但直到去世很久之后,经人整理才在1959年出版了她的《诗歌集》。其诗采用6世纪古典形式,所写多是优美的宗教诗篇,甚至带有神秘主义色彩。
The Six Poems of
Catherine Pozzi
This poetic œuvre, slight in quantity, is immense in its technical
skill
Vale
That peerless love that was your
gift to me,
The wind of days has rent beyond repair,
High burned the flame, strong was our destiny,
As hand in hand we stood in unity
Together there
Orb that for us was single and
entire,
Our sun, its flaming splendour was our thought,
The second sky of a divided fire,
And double exile by division bought
These scenes for you evoke ashes
and dread,
Places that you refuse to recognize
And the enchanted star above our head
That lit the perilous moment our embracing shed,
Gone from your eyes…..
The future days on which your
hopes depend
Are less immediate than what’s left behind;
Take what you have, each harvest has an end,
You’ll not be drunk however much you spend
On scattered wine.
I have retrieved those wild
celestial days,
The vanished paradise where anguish was
desire
What we were once revives in unexpected ways,
It is my flesh and blood and will, after death’s blaze,
Be my attire
Your name acts like a spell, lost
bliss I knew,
Takes shape, becomes my heart; I live again
That golden era memory makes new,
That peerless love that I once gave to you,
And lived in pain.
Ave
Love of my life, my fear is I may
die
Not knowing who you are or whence you came,
Within what world you lived, beneath what sky,
What age or time forged your identity,
Love beyond blame,
Love of my life, outstripping
memory,
O fire without a hearth lighting my days,
At fate’s command you wrote my history,
By night your glory showed itself to me,
My resting-place…
When all I seem to be falls in
decay,
Divided infinitesimally
An infinite number of times, all I survey
Is lost, and the apparel of today
Is stripped from me,
Broken by life into a thousand
shreds,
A thousand disconnected moments — swirl
Of ashes that the pitiless wind outspreads,
You will remake from what my spirit sheds
A single pearl.
Yes, from the shattered debris of
my days,
You will remake a shape for me, remake a name,
A living unity transcending time and space,
Heart of my spirit, centre of life’s maze,
Love beyond blame.
Maya
Descending layer by layer the silt
of centuries,
Each desperate moment always takes me back to you,
Country of sun-drenched temples and Atlantic seas,
Legends come true.
Soul
What is it but the body when the flame has
fled
O time, stand still
A child again, the trail toward the dark I tread.
Birds mass, confront the sea-wind
blowing from the West,
Fly, happiness, towards the summer-time of long ago,
The final bank once gained, all is by sleep possessed,
Song, monarch, rocks, the ancient tree cradled below,
Stars that from old my original face have blessed,
A sun all on its own and crowned with perfect rest.
Nova
Far in the future is a world
that
It has not taken shape beneath the present sky,
Its space and time not ours, its customs all awry,
Point in the lifespan of the very star I flee,
There you will live, my glory and my ruin — I
Will live in you, my blood your heart will fructify,
Your breathing, eyesight, mine, while everything of me
That is terrestrial will be lost, and lost
eternally
Image that I pursue, forestall
what is to be
(Acts I once cherished, you have wrought this agony)
Undo, unmake yourself, dissolve, refuse to be,
Denounce what was desired but not chosen by me.
Let me not see this day, fruit of
insanity,
I am not done — let fall the spool of
destiny
Scopolamine
The wine that courses through my
vein
Has drowned my heart and in its train
I navigate the endless blueI am a ship without a crew
Forgetfulness descends like rain.
I am a just discovered star
That floats across the empyrean —
How new and strange its contours are!
O voyage taken to the sunAn unfamiliar yet persistent hum
The background to my night’s become.
My heart has left my life
behind,
The world of Shape and Form I’ve crossed,
I am saved
A name without a past to find.
Nyx
A Louise aussi de Lyon et d’Italie
O you my nights
O noble land
O lingering
glances
O flights approved beyond shut skies
O deep desire
O splendid journey of the spellstruck mind
O worst mishap O grace descended from above
O open door through which not one has passed
I know not why I sink,
expire
Before the eternal place is mine
I know not who made me his prey
Nor who it was made me his love
Catherine Pozzi
The Six Poems of
Catherine Pozzi (French)14
Vale
La grande amour que vous m’aviez
donnée
Le vent des jours a rompu ses rayons —
Où fut la flamme, où fut la destinée
Où nous étions, où par la main serrée
Nous nous tenions
Notre soleil, dont l’ardeur fut
pensée
L’orbe pour nous de l’être sans second
Le second ciel d’une âme divisée
Le double exil où le double se fond
Son lieu vous apparaît cendre et
crainte,
Vos yeux vers lui ne l’ont pas reconnu
L’astre enchanté qui portait hors d’atteinte
L’extrême instant de notre seule étreinte
Vers l’inconnu.
Mais le futur dont vous attendez
vivre
Est moins présent que le bien disparu.
Toute vendange à la fin qu’il vous livre
Vous la boirez sans pouvoir être qu’ivre
Du vin perdu.
J’ai retrouvé le céleste et
sauvage
Le paradis où l’angoisse est désir.
Le haut passé qui grandit d’âge en âge
Il est mon corps et sera mon partage
Après mourir.
Quand dans un corps ma délice
oubliée
Où fut ton nom, prendra forme de cœur
Je revivrai notre grande journée,
Et cette amour que je t’avais donnée
Pour la douleur.
Ave
Très haut amour, s’il se peut que
je meure
Sans avoir su d’où je vous possédais,
En quel soleil était votre demeure
En quel passé votre temps, en quelle heure
Je vous aimais,
Très haut amour qui passez la
mémoire,
Feu sans foyer dont j’ai fait tout mon jour,
En quel destin vous traciez mon histoire,
En quel sommeil se voyait votre gloire,
Ô mon séjour…
Quand je serai pour moi-même
perdue
Et divisée à l’abîme infini,
Infiniment, quand je serai rompue,
Quand le présent dont je suis revêtue
Aura trahi,
Par l’univers en mille corps
brisée,
De mille instants non rassemblés encor,
De cendre aux cieux jusqu’au néant vannée,
Vous referez pour une étrange année
Un seul trésor
Vous referez mon nom et mon
image
De mille corps emportés par le jour,
Vive unité sans nom et sans visage,
Cœur de l’esprit, O centre du mirage
Très haut amour.
Maya
Je descends les degrés de siècles
et de sable
Qui retournent à vous l’instant désespéré
Terre des temples d’or, j’entre dans votre fable
Atlantique adoré.
D’un corps qui ne m’est plus que
fuie enfin la flamme
L’Âme est un nom chéri détesté du destin —
Que s’arrête le temps, que s’affaisse la trame,
Je revins sur mes pas vers l’abîme enfantin.
Les oiseaux sur le vent dans
l’ouest marin s’engagent,
Il faut voler, bonheur, à l’ancien été
Tout endormi profond où cesse le rivage
Rochers, le chant, le roi, l’arbre longtemps bercé,
Astres longtemps liés à mon premier visage,
Singulier soleil de calme couronné.
Nova
Dans un monde au futur du temps
dont j’ai la vie
Qui ne s’est pas formé dans le ciel d’aujourd’hui,
Au plus nouvel espace où le vouloir dévie
Au plus nouveau moment de l’astre que je fuis
Tu vivras, ma splendeur, mon malheur, ma survie
Mon plus extrême cœur fait du sang que je suis,
Mon souffle, mon toucher, mon regard, mon envie,
Mon plus terrestre bien perdu pour l’infini.
Évite l’avenir, Image
poursuivie
Je suis morte de vous, ô mes actes chéris
Ne sois pas défais toi dissipe toi délie
Dénonce le désir que je n’ai pas choisi.
N’accomplis pas mon jour, âme de
ma folie, —
Délaisse le destin que je n’ai pas fini.
Scopolamine
Le vin qui coule dans ma
veine
A noyé mon cœur et l’entraîne
Et je naviguerai le ciel
A bord d’un cœur sans capitaine
Où l’oubli fond comme du miel.
Mon cœur est un astre apparu
Qui nage au divin nonpareil
Dérive, étrange devenu
O voyage vers le Soleil —
Un son nouvel et continu
Est la trame de ton sommeil.
Mon cœur a quitté mon
histoire
Adieu Forme je ne sens plus
Je suis sauvé
Je me cherche dans l’inconnu
Un nom libre de la mémoire.
Nyx
A Louise aussi de Lyon et d’Italie
O vous mes nuits, ô noires
attendues
O pays fier, ô secrets obstinés
O longs regards, ô foudroyantes nues
O vols permis outre les cieux fermés.
O grand désir, ô surprise
épandue
O beau parcours de l’esprit enchanté
O pire mal
O porte ouverte où nul n’avait passé
Je ne sais pas pourquoi je meurs
et noie
Avant d’entrer à l’éternel séjour.
Je ne sais pas de qui je suis la proie.
Je ne sais pas de qui je suis l’amour.
Catherine Pozzi

加载中…